« Aujourd’hui, à une époque dominée par l’uniformisation des goûts, la démarche de Marcel Lapierre s’inscrit dans un idéal d’authenticité : depuis 1981 – il fait à ce titre figure de pionnier dans la région -, il cultive toutes ses vignes en agriculture biologique et biodynamique, sans engrais chimiques, ni désherbants. Dans le même esprit, il vinifie sans SO2, ni levurage. » – Rezin.com

Millésime 2016 – dégusté le 9 juin 2017

Robe rubis avec un peu de violet sur les pourtours. Nez enivrant et très parfumé sur des arômes de petits fruits rouges et bleus, de fleurs et de terre.

En bouche, le vin se situe à mi-chemin entre la gourmandise (richesse) du 2015 et la fraîcheur (acidité) du 2014 : un superbe amalgame de notes de bleuet, de cerise, de framboise, de pivoine, de violette et d’épices.

Après des années plus difficiles, les trois derniers millésimes très réussis viennent confirmer dans mon esprit que le Morgon de Lapierre est mon préféré dans la catégorie des appellations « Villages », il peut même se comparer aux cuvées plus prestigieuses que sont les Côte du Py et Corcelette.

Un Morgon que je dois impérativement acheter en lot de quatre à six bouteilles!

Millésime 2015 – dégusté le 9 juillet 2016

« Le millésime 2015 a été particulièrement éprouvant et laborieux. Il a fallu suivre avec une extrême vigilance et, un peu plus tard dans le processus, ajouter un peu de soufre. Selon moi, un vigneron doit prêt à intervenir s’il le faut pour protéger son vin. » Mathieu Lapierre – Rezinleblogue.com

Robe opaque d’un rubis très foncé, avec des reflets violacés. Le nez est invitant et aromatique sur des notes de fruits mûrs (cerise, framboise) entrelacées par une touche finement parfumée de petites fleurs des champs. Dès les premières flaveurs qui percutent notre odorat, on sait qu’on est en présence d’un millésime solaire qui fera contraste avec le millésime précédent.

La bouche est suave, le fruit est gourmand et les arômes sont flamboyants allant de la cerise noire, à la violette, en passant par la pivoine et la réglisse. Comparativement au dernier millésime, l’acidité est plus basse et le fruit est plus opulent, sans qu’il n’y ait toutefois une sensation de lourdeur en bouche.

Un pur délice! J’aurais tendance à croire que ce millésime ne sera jamais aussi bon que dans sa prime jeunesse, ce qui m’incite à écluser mes bouteilles sur une période d’un an.

Millésime 2014 – dégusté le 29 septembre 2016

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Robe brillante, rubis, moins foncée que le 2015. Nez brouillon au départ sur des arômes de terre humide qui se dissipent progressivement pour laisser la place à des notes de cerises, fraîchement cueillies, de poivre noir, de même qu’une légère touche florale très agréable.

En bouche, ce Morgon révèle des arômes de fraises mûres, d’épices et de poivre noir, soutenus par des tanins soyeux, une belle matière et juste assez d’acidité pour amener une bonne structure au vin.

Ce vin représente parfaitement les caractéristiques qui me plaisent beaucoup dans ce millésime du Beaujolais : fruit juteux et fraîcheur en bouche.

Bien qu’il ne possède pas l’éclat du fruit de la version nature, ce Morgon a un profil similaire au niveau de la finesse et de la délicatesse en bouche. Plusieurs lui préféreront le 2015, un millésime solaire avec un fruit plus mûr. C’est une question de goût… Il n’en demeure pas moins que, après quelques années plus difficiles, la région du Beaujolais vient de produire deux très bons millésimes!

Millésime 2014 : cuvée nature – dégusté le 13 mai 2016

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Nez un peu fermé au départ, celui-ci se développe sur des notes de cerise avec un léger côté floral. Après deux heures d’aération, la bouche devient enveloppante sur des arômes de petits fruits rouges (cerise et fraise mûre), avec de légères nuances florales et épicées.

C’est léger, gouleyant, doucereux et la finale imprègne notre mémoire sensorielle de manière permanente. Il y a une certaine profondeur dans ce vin que j’ai de la difficulté à traduire en mots, le vin continu à m’habiter plusieurs secondes après que la finale se soit évanouie. C’est le genre de vin que je boirais tous les jours!

Millésime 2013 – dégusté le 9 septembre 2016

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Robe brillante d’un pourpre très foncé. Le nez est charmeur sur des arômes de cerise, de violette, de réglisse et avec un côté terreux et herbacé. La bouche est suave et doucereuse, avec un beau fruit croquant qui glisse sur nos papilles comme un doux velours; des saveurs agréables de cerise, de framboise et d’épices nous bercent vers une finale avec un fruité très juteux.

La grande classe! C’est la cinquième bouteille de ce millésime que je déguste sur une période de deux ans et c’est celle qui est la plus à point, avec des tanins fondus et un fruit gourmand.

Pour une garde moyenne, de deux à cinq ans, je crois que les meilleurs crus du Beaujolais peuvent bien vieillir. Il me reste une dernière bouteille de ce millésime.

Millésime 2012 – dégusté le 10 septembre 2016

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Robe pourpre très foncée. Nez assez discret sur la cerise noire, le poivre noir et la réglisse. Bouche un peu mince sur des arômes de petits fruits noirs, de fleurs sauvages, comme la violette, et avec une légère présence de notes fumées.

L’évolution est intéressante – tanins fondus et petits fruits gouleyants (fraises et cerises) -, mais il manque un peu de chair autour de l’os; ce Morgon est agréable en bouche, mais s’avère être un peu unidimensionnel, surtout pour la finale qui, contrairement au 2013, tombe un peu à plat. En somme, cela reflète probablement le millésime difficile qu’a connu la région.

Néanmoins, je suis quelque peu nostalgique… Achetée en 2013, c’était ma cinquième et dernière bouteille de ce millésime qui m’a ouvert les yeux au merveilleux monde des Morgons et autres crus du Beaujolais.

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